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arrestation de George Cochon

Les rêves perdus de George Cochon - Archive INA 19/12/1957
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 Entre 1900 et 1910 dans toute la France, les loyers ont subi une hausse d'en moyenne 20%. À cette époque de nombreuses familles furent expulsées de leur logement sans aucun préavis ni aide. Du jour au lendemain un propriétaire avait le droit d'expulser ses locataires sans aucun motif.

 À cette période, de nombreux déménagements "à la cloche de bois" furent organisés. Il s'agissait de partir d'un logement sans payer les loyers que l'on devait au propriétaire. George Cochon, après que le propriétaire de son appartement lui ordonna de quitter les lieux, refusa et se barricada à l'intérieur de son logement. Pendant plusieurs jours des amis et des sympathisants les ravitaillèrent lui et sa famille. L'évènement fut très médiatisé à l'époque. Avec cet acte, George Cochon utilisa pour la première fois le squat comme outil de protestation. Entre 1910 et 1914 George Cochon ouvrit de nombreux squats à Paris et offrit ainsi des logements à de nombreuses personnes.

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déménagement à a cloche de bois

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 Une première crise du logement eu lieu entre 1872 et 1882 pendant laquelle il y eu une augmentation des loyers d'environs 30%. Pendant cette première crise Honoré Daumier fit une série de caricatures montrant le propriétaire comme un vautour, surnom que les propriétaires ont gardé ensuite.

 Les locataires étaient appelés les cochons (d'après George Cochon). La lutte des cochons contre les vautours cessa lorsque la première guerre mondiale éclata.

illustration de Honoré Daumier représentant un propriétaire

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fermeture du "fort cochon" le 01/12/1913

 Pendant cette crise un refuge pour sans abris et migrants fût ouvert au 7 rue du Delta à Paris 9ème arrondissement. Il n'y a presque plus de traces de ce refuge, il reste la photo de sa fermeture le 01/12/1913. A cette date des dizaines de personnes se retrouvèrent sans abris. De nombreux occupants de ce "fort cochon" furent retrouvé mort de froid pendant les semaines qui suivirent sa fermeture.

En 2009, presque cent ans plus tard, une personne est morte à cette même adresse au 7 rue du Delta. Je vivais juste en face lorsqu'il est mort. Cela fait dix ans maintenant qu'il est mort. J'ai cherché un document témoignant sa mort, un acte de décès ou juste un nom. 

Il m'a été impossible de trouver quoi que ce soit témoignant de son existence.

  Je sais que c'était un homme d'environ cinquante ans.

  Je sais qu'il dormait au 7 rue du delta. 

 Je sais qu'il se déplaçait dans une autre rue pendant la journée pour faire la manche.

 Je sais qu'il dormait dans un renfoncement isolé du vent avant qu'un rideau de fer soit installé et lui en empêche l'accès.

 Je sais qu'il est mort quelques semaines après l'installation de ce rideau de fer à seulement 5 mètres de là où il dormait avant, sur le parvis du même bâtiment.

 Je sais qu'à l'endroit où il est mort, une grille inclinée a été installée empêchant ainsi qu'une autre personne s'installe.

 Je sais que chaque année des personnes meurent de froid dans nos rue.

 Je sais que chaque année on ajoute des dispositifs qui rendent toujours plus précaires les conditions de vies des plus démunis.

sources :

mémoire de Georges Cochon
article du 17/09/2017 paru sur the conversation
article du 30/08/2017 paru sur retronews 
article du 02/02/2018 paru sur the conversation sur le squattage
thèse de Cécile Péchu "Entre résistance et contestation La genèse du squat comme mode d’action" 2016
pour agir :